Aider l'Afrique et aussi les entreprises françaises sur le continent

Emmanuel Macron veut aider l'Afrique à travers un grand plan de soutien et de moratoire sur les dettes des États africains. Mais ce faisant, il espère aussi aider les entreprises françaises implantées sur le continent.

« Charité bien ordonnée commence par soi-même », dit-on, et derrière la volonté affichée par le président Macron d'aider l'Afrique, il y a sans doute celle de soutenir des marchés importants pour les entreprises tricolores.

Etienne Giros, président du Cian, le Conseil français des investisseurs en Afrique, rappelle que les temps sont difficiles pour ces entreprises.
« Tout ce qui a qui a trait à l'hôtellerie, au tourisme et au transport aérien est en situation quasi-sinistré. Il n'y a quasiment plus de vols d'Air France, or la destination "Afrique" est très importante pour cette compagnie, c'est un exemple. Mais en revanche pour les autres secteurs dans lesquels interviennent les entreprises françaises, ce sont en général des secteurs relativement indispensables et nécessaires. Les chemins de fer, la gestion des ports, la grande distribution, et là, les entreprises françaises continuent à travailler. Mais par contre l'activité est en diminution. »

L'activiste congolais du collectif Sassoufit, Andréa Ngombet, estime pour sa part que la volonté française d'obtenir, notamment de Pékin, une annulation de la dette africaine n'est pas dénuée d'arrière-pensées.
« Ce serait pour permettre aux entreprises françaises de dégager des marges sur les contrats qu'ils ont, et qui devraient être payés par des états africains eux-mêmes surendettés auprès de la Chine. Des pays comme le Congo-Brazzaville, la Guinée-équatoriale, Djibouti. La France sait très bien que ces pays sont endettés à des niveaux tels que sans l'intervention de la Chine, ce serait la faillite. Donc du coup, sauver ces marchés-là permettrait de dégager de la marge qui va constituer du pouvoir d'achat au niveau français »

Un raisonnement que partage pas Etienne Giros, du Cian.
« Pour être tout à fait franc, je crois que ce n'est pas dans les semaines qui viennent que les entreprises françaises vont voir régler leurs arriérés par les états africains. Parce que les besoins pour répondre au drame du Covid sont tels que je crains que les liquidités qui vont être disponibles seront immédiatement affectés aux sujets sanitaires et alimentaires. »

Reste que l'Afrique est un marché important pour les entreprises françaises. Au début de ce mois, Paris a d'ailleurs renforcé les garanties et les dispositifs publics aux entreprises qui exportent vers le continent. Notamment en augmentant de deux milliards d'euros l'enveloppe de l'assurance-crédit.

Par : Olivier Rogez - rfi.fr

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