Coopération Côte d'Ivoire-Banque Mondiale-FMI : Comment consolider les acquis

Actualités  |   | Source : Fraternité Matin n° 15709 du mercredi 19 avril 2017, p.2-3

La poursuite et la consolidation des progrès réalisés aux plans économique et social depuis 2011, sous l'autorité du Président de la République, Alassane Ouattara, demeurent pour le Gouvernement ivoirien une priorité. Car, depuis 2012, la croissance de l'économie nationale plafonne au-dessus de 8% l'an, en dépit des conjonctures nationales et internationales. Les investissements dans les infrastructures sociaux et économiques ne faiblissent pas, ouvrant ainsi des perspectives réelles de développement de la Côte d'Ivoire dans les années à venir. Au terme de la première évaluation au titre de l'année 2017 du Programme Economique et Financier qui a eu lieu au début de ce mois avec ses experts, le Fonds Monétaire International a salué les performances remarquables et les progrès sociaux indéniables réalisés dans le pays, fruit de la pertinence des choix stratégiques opérés par le Gouvernement dans le cadre du PND 2016-2020 et de la qualité de la mise en œuvre de cet ambitieux programme de gouvernance. C'est dans ce contexte de satisfecit du FMI mais aussi de la Banque Mondiale que le Premier Ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, conduit une importante délégation ivoirienne à Washington DC pour participer aux réunions du printemps de ces deux institutions financières internationales qui se tiennent à compter de ce jour jusqu'au 23 avril. 

Convaincre par la qualité des programmes et de la gouvernance 

Avant ces rencontres de printemps qui sont, en général, au-delà des grandes sessions inscrites à l'agenda, des occasions de discussions directes des responsables gouvernementaux avec les premiers dirigeants et/ou administrateurs du Fonds et ceux du groupe de la Banque Mondiale sur des préoccupations propres à chaque pays, Gon Coulibaly a organisé, le 11 avril, un séminaire gouvernemental sur le Plan d'Actions Prioritaires (PAP) 2017-2020 du Gouvernement, en présence de tous les Ministres. L'objectif étant de vérifier la cohérence d'ensemble des projets du PAP et leur alignement sur le Plan National de Développement (PND) 2016-2020) afin de les valider. Une telle démarche vise, en filigrane à donner davantage de visibilité, à l'action gouvernementale, à diagnostiquer et corriger des faiblesses institutionnelles qui réduiraient, en certains cas, la capacité d'absorption nationale des appuis des partenaires techniques et financiers. Ce qui, dans la plupart des pays africains, reste le point d'achoppement entre des gouvernants africains et les experts des institutions de Bretton Woods. Aspirant à l'émergence, la Côte d'Ivoire veut se donner les moyens nécessaires d'y parvenir en comptant sur ses moyens propres, sur la qualité de sa gouvernance, mais aussi sur l'assistance internationale, en renforçant qualitativement ses liens avec la communauté financière internationale, développant des coopérations Nord-Sud et Sud-Sud fructueuses. Ce qui requiert des réformes. C'est d'ailleurs pourquoi, le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, a invité lors du séminaire gouvernemental susmentionné, «chaque membre de son Gouvernement à œuvrer à l'accélération des réformes structurelles et sectorielles, ainsi qu'à la réalisation diligente des investissements qui permettront à notre pays de mieux répondre aux besoins pressants de nos populations». Répondre aux besoins pressants des populations, voici ce qui préoccupe, entre autres, le FMI et de la Banque Mondiale dans leur coopération avec les pays. Ils sont, pour cette raison, regardants sur la juste répartition de la croissance, sur l'inclusion sociale qui passe par des investissements à impact social réel comme la Côte d'Ivoire s'y est engagée résolument depuis 2011. Une bonne visibilité d'une telle volonté politique, soutenue par des plans et programmes cohérents et ambitieux axés sur le développement humain, incite ces deux institutions à l'action. 

Une coopération fructueuse et des appuis massifs depuis 2011 

Au moment où s'ouvrent à Washington les réunions de printemps pour présenter les situations économiques et financières mondiales et régionales, quel est l'état de la coopération entre la Côte d'Ivoire et les deux institutions de Bretton Woods que sont le FMI et la Banque Mondiale ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que tout va pour le mieux entre ces deux Institutions et la Côte d'Ivoire. Cette dernière apparait, d'ailleurs, comme une élève régulièrement bien notée à chaque revue conjointe FMI-Banque Mondiale. Les experts ont toujours terminé leurs missions par un satisfecit. Le Directeur Général Adjoint du FMI et Président par intérim du Conseil d'Administration, Mitsuhiro Furusawa, ne déclarait-il pas en fin 2016 que "La Côte d'Ivoire a connu un impressionnant redressement économique depuis 2012 et les perspectives restent bien orientées" ? Même s'il notait le fait qu'il faudra du temps pour faire reculer la pauvreté, développer le capital humain et combler les lacunes des infrastructures, et les goulots d'étranglement structurels qui sont encore problématiques. «Dans ce contexte, le nouveau programme économique des autorités soutenu par la Facilité Elargie de Crédit et le Mécanisme Elargi de Crédit vise, à juste titre, à promouvoir une croissance inclusive et viable, la transformation structurelle de l'économie et la réduction de la pauvreté. Ce programme s'appuie sur les solides antécédents établis dans le cadre du précédent programme appuyé par le FMI de 2011 à 2015 et devrait catalyser des financements officiels et privés», avait-il conclu. 

FMI, bonnes cadences, mais prudence 

En termes d'appuis budgétaires ou de prêts, le FMI s'est comporté, depuis la sortie de crise en 2011 en partenaire bien attentionné. Il a accordé à la Côte d'Ivoire un prêt d'un montant de 658,9 millions de dollars (plus de 329 milliards de FCFA, base 1 dollar =500 FCFA) pour la période 2011-2014. Etle 12 décembre 2016, son Conseil d'Administration approuvait deux accords triennaux au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et du Mécanisme Elargi de Crédit (MEC) en faveur de la Côte d'Ivoire, d'un montant total équivalant à 487,8 millions de Droits de Tirages Spéciaux (DTS), (environ 658,9 millions de $EU (329,40 milliards de francs CFA), soit 75% de la quote-part de la Côte d'Ivoire) à l'appui du programme de réformes économiques et financières du pays. Ce programme vise à assurer la viabilité de la balance des paiements, à promouvoir une croissance inclusive et la réduction de la pauvreté en investissant dans les infrastructures et les projets sociaux prioritaires. Il vise, en outre, à restreindre les dépenses courantes, à catalyser les financements officiels et privés et à accroitre la résilience du pays face aux futurs chocs économiques, notait le communiqué sur l'objet et les buts des deux accords triennaux. Devant des difficultés financières résultant des événements du début de l'année 2017 (soulèvements des militaires, grève des fonctionnaires, etc.) auxquels s'est ajoutée la chute des cours du cacao sur le marché international et son impact réel sur les prévisions budgétaires, le Gouvernement ivoirien, rappelons-le, avait formulé le 28 mars, pendant la mission d'évaluation du Fonds, une requête auprès du Fonds en vue d'une aide supplémentaire de 658 millions de dollars (329 milliards de FCFA en plus des accords des deux accords de décembre 2016 évoqués plus haut) du FMI dans le cadre de son budget 2017. Présent à Washington DC avec le Plan d'actions prioritaires du Gouvernement ainsi que les besoins de financement, le Premier Ministre pourrait obtenir un appui substantiel en faveur du pays afin que se poursuive l'embellie de l'économie nationale au grand bonheur des populations ivoiriennes et de celles de la sous-région ; car la Côte d'Ivoire représente, à elle seule, 40% du Produit Intérieur Brut de l'espace UEMOA regroupant huit pays. 

Projets à impacts sociaux de la Banque Mondiale 

Qu'en est-il de la Banque Mondiale ? A l'instar du FMI, elle a intensifié sa coopération avec la Côte d'Ivoire ces dernières années. Elle a approuvé, le 30 mars, un crédit de 325 millions de dollars (soit 195 milliards de FCFA, au taux de 600 FCFA le dollar) en faveur de la Côte d'Ivoire pour le Projet de transport, de distribution et d'accès à l'électricité, financé dans le cadre du Mécanisme de Financement Complémentaire (SUT) de l'IDA, un dispositif récemment mis en place par le Groupe de la Banque Mondiale. «Je suis particulièrement heureux d'assister à la naissance de ce projet, le plus ambitieux jamais financé à ce jour par le Groupe de la Banque Mondiale en Côte d'Ivoire», déclarait, ce jour-là, Pierre Laporte, Directeur des Opérations de la Banque Mondiale pour la Côte d'Ivoire. La revue du portefeuille des projets déjà exécutés ou en cours permet de s'en convaincre, de relever plusieurs domaines d'intervention de la Banque. Lesquels vont du projet d'amélioration de l'accès aux infrastructures de base dans les zones urbaines et rurales ciblées (PRICI) au Projet de la Facilitation et du Développement du Commerce Inter-Etats sur le Corridor Abidjan-Lagos (PFCTCAL), en passant par l'amélioration de la qualité des services d'eau et d'accroissement de l'accès à ces services dans des milieux urbains (PREMU), avec une composante renforcement de la capacité de l'Office National de l'Eau Potable (ONEP) en matière de planification financière. A ces projets s'ajoute le projet visant à améliorer l'efficacité et la sécurité des services de transports sur la section ivoirienne du corridor routier Abidjan-Ouagadougou (PAMOSET ou Projet d'Appui à la Modernisation du Secteur des Transports), à faciliter la libre circulation des personnes et des biens le long du corridor côtier Abidjan-Lagos à travers la réduction des barrières physiques et non physiques. En termes de financements, le PRICI (Projet de Renaissance des Infrastructures de Côte d'Ivoire), d'un coût global de 174,3 milliards de FCFA, financé à hauteur de 85,4 milliards de FCFA par le guichet IDA (Association International de Développement) du Groupe de la Banque Mondiale, le restant (88,9 milliards) ayant été mobilisé par l'État, le PREMU, 56 milliards de nos francs avec un apport de 28 milliards par la Banque à travers le guichet IDA, le PAMSET, 26,4 milliards dont 17,317 milliards de FCFA provenant toujours du guichet IDA, et PFCTCAL pour 76 milliards dont 47,8 milliards financés par la Banque Mondiale à travers IDA. La Banque Mondiale intervient également dans de nombreux autres projets qualifiés de «filets sociaux productifs», en lien avec le Ministère de l'Emploi et de la Protection Sociale. Ils portent, entre autres, sur le transfert monétaire au profit des ménages ciblés parmi les plus pauvres en milieu rural, le développement des fondements d'un système de filets sociaux. D'un coût global de 55 millions de dollars Us (27,5 milliards de FCFA, base 1 dollar pour 500 FCFA) devant être supporté à 90% par la Banque Mondiale, les décaissements au 25 mars atteignent à peine 3,036 milliards de nos francs. Au total, avec le retour de la confiance, le FMI et la Banque Mondiale ont renforcé, au cours des dernières années, leurs engagements respectifs en Côte d'Ivoire. Pour le Chef du Gouvernement ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, il s'agira, sans aucun doute, de saluer cette assistance à la fois quantitative et qualitative des deux institutions de Bretton Woods, et de les encourager à maintenir le cap. L'amélioration des conditions et du niveau de vie des populations en dépend. Les performances économiques du pays et la bonne gouvernance qu'ils n'ont cessé de saluer le recommandent. Car, en dépit des avancées notables enregistrées sur les plans politique, économique et social, soutenues par des réformes institutionnelles, structurelles et sectorielles, de nombreux défis sont à relever pour satisfaire les attentes légitimes des citoyens, surtout en matière de meilleure redistribution des effets de la croissance.

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