Regain de concurrence pour le commerce de détail en Côte d'Ivoire

Actualités économique  |   | Source : Côte d'Ivoire Retail/Economie News, septembre 2016

L'arrivée très attendue en Côte d'Ivoire de l'une des plus grandes chaînes de grande distribution du monde a un effet dopant sur la concurrence dans le secteur formel du commerce de détail ivoirien, qui devrait également profiter de la mise en place de nouvelles réformes douanières. L'arrivée récente du conglomérat français Carrefour dans le paysage ivoirien du commerce de détail, dominé depuis toujours par deux entreprises - Prosuma et la Compagnie de Distribution de Côte d'Ivoire (CDCI) - constitue l'un des nombreux exemples de stratégies d'expansion observées chez les grandes enseignes ivoiriennes. Fin 2015, Carrefour a ouvert un hypermarché de 3200 m2 dans le grand centre commercial PlaYce à Marcory, une commune d'Abidjan. L'expansion africaine du groupe Carrefour est le résultat d'un partenariat avec la Compagnie Française de l'Afrique Occidentale (CFAO), multinationale qui détient une participation de 55% dans la joint-venture créée avec Carrefour. Dans un communiqué publié en fin d'année dernière, la CFAO a fait part de son intention d'ouvrir six autres magasins Carrefour dans le pays d'ici 2020. 

Nouvelle concurrence 

L'implantation de Carrefour, annoncée depuis 2013, s'est vue accompagnée de nouvelles stratégies de développement chez Prosuma et CDCI. Prosuma, premier distributeur du pays avec 318 millions d'euros de ventes l'an dernier et plus de 150 magasins dans le pays, a investi la somme de 9 millions d'euros en 2013 dans l'expansion du centre commercial haut de gamme Cap Sud. Selon la presse, Prosuma chercherait également à développer son offre de supérettes discount, avec en projet l'ouverture de six magasins Bonprix et de 20 Miniprix d'ici la fin de l'année. L'année dernière, l'entreprise a réalisé un chiffre d'affaires de 208 milliards de francs CFA (317 millions d'euros). La CDCI a, quant à elle dévoilé au mois de janvier de grands projets de renforcement de son réseau de distribution par le biais d'un nouveau centre de stockage et de distribution à Abidjan et de l'ouverture de six nouveaux magasins entrée de gamme King Cash et Leader Price. Le groupe, qui gère 153 magasins de gros, demi-gros et de commerce de détail en Côte d'Ivoire et a réalisé 221 millions d'euros de ventes combinées en 2015, envisage également de rénover cette année au moins trois de ses magasins existants en ajoutant de nouveaux rayons, notamment de produits frais. 

Domination traditionnelle 

Les efforts déployés pour augmenter le taux de pénétration du commerce formel de détail n'ont rien d'étonnant, vu les bonnes performances économiques du pays. La Côte d'Ivoire enregistre actuellement la plus forte croissance de tous les pays d'Afrique, avec des prévisions de croissance de 8,5% en 2016, selon le FMI. En outre, l'indice des prix à la consommation est passé sous la barre de 1% au cours des derniers mois - contrairement à de nombreux autres grands marchés ouest-africains, qui ont vu leur croissance ralentir et leurs coûts d'importation augmenter. Toutefois, malgré le potentiel sous-jacent, les enseignes de détail sont en concurrence avec des milliers de petits points de vente traditionnels. A l'heure actuelle, le secteur formel du commerce de détail représente entre un quart et un cinquième des ventes totales, selon les médias, le secteur informel occupant une place prépondérante, surtout en dehors d'Abidjan. «Aujourd'hui, moins de 20% du secteur du commerce de détail est aux mains des grands opérateurs, il y a donc de la place en Côte d'Ivoire à la fois pour les nouveaux acteurs et pour les acteurs traditionnels. Les grandes enseignes doivent toutefois s'adapter au faible pouvoir d'achat des consommateurs ivoiriens», a expliqué à OBG Yasser Ezzedine, PDG de la CDCI. 

Des obstacles à surmonter 

Les commerçants du secteur formel en Côte d'Ivoire sont également confrontés à un ensemble de défis relatifs à l'approvisionnement, avec pour conséquences possibles un ralentissement de la croissance et une hausse des frais généraux. La distribution dans les différents points de vente est largement tributaire des réseaux routiers, qui ont pâti d'investissements insuffisants pendant les années de crise. Le segment des véhicules de transport routier est également très fragmenté, composé en grande majorité d'opérateurs disposant d'un seul véhicule, ce qui rend difficile la coordination du transport d'importantes cargaisons et le suivi de la chaîne logistique. De plus, du fait d'une répartition inégale des activités de production, les camions effectuent souvent un seul de leurs trajets en charge complète. Des embouteillages au Port d'Abidjan et aux frontières - par lesquels plus de 90% des marchandises entrent dans le pays - accroissent les temps de traitement et de livraison. Ces problèmes ne sont pas propres à la Côte d'Ivoire, les commerçants de détail rencontrent le même type de difficultés dans d'autres grands marchés d'Afrique de l'Ouest, comme le Sénégal, le Ghana et le Nigéria. Le Gouvernement a toutefois mis en place un certain nombre de réformes qui devraient contribuer à réduire une partie de ces obstacles. De nouveaux règlements douaniers, comme par exemple l'introduction du Guichet Unique du Commerce Extérieur (GUCE), contribuent à réduire les délais et coûts de livraison. «Des procédures douanières contraignantes constituaient par le passé un obstacle au bon fonctionnement des activités de commerce de détail ; mais depuis l'instauration du GUCE, les procédures douanières ont vraiment gagné en efficacité, avec des temps d'attente réduits de 5 jours à 72 heures», a déclaré à OBG Jean-Maurice Ibrahim, PDG de la société Distribution de Matériel Electrique Industriel et Bâtiments (DMEIB). Le GUCE, introduit en 2013 par le Ministère du Commerce et des Services de Douanes et mis en place depuis lors par phases, est une plateforme internet qui offre des informations relatives aux procédures commerciales et permet d'effectuer et de suivre des transactions en ligne, telles que les déclarations et les autorisations d'importation. Le système de paiement en ligne du GUCE n'est toutefois pas encore opérationnel. Selon la dernière édition du rapport «Doing Business» de la Banque Mondiale, la Côte d'Ivoire se classe en 142ème position sur 189 marchés analysés pour ce qui est du commerce transfrontalier, faisant un peu mieux que ses voisins ghanéen (171 ème) et nigérian (182ème).

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