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Histoire

Des années Houphouët à la difficile succession

Dès l'indépendance, les institutions de l’État ivoirien sont définies et organisées par une Constitution. Celle-ci prévoit le principe de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. La société ivoirienne connaît cependant dans les vingt premières années de l’indépendance, non seulement une profonde mutation sociale (relèvement du niveau de vie des habitants, équipement dans les domaines sanitaire, éducatif et social) mais également une augmentation de la population avec un taux de croissance annuel moyen de 3,8% la faisant varier de 3,7 millions d’habitants en 1960 à 12,2 millions en 1988.

En octobre 1995, Henri Konan Bédié remporte à une écrasante majorité les élections contre une opposition fragmentée et désorganisée qui appelle au boycott actif. Il resserre son emprise sur la vie politique, obtient assez rapidement une amélioration des perspectives économiques, une diminution de l'inflation et effectue une tentative d'éliminer la dette extérieure. 

L’exacerbation des tensions politiques et sociales, les actes de défiance à l'autorité de l'État de la part des opposants mais également l'emprisonnement de plusieurs leaders de l'opposition politique, instaurent un climat fortement tendu qui conduit en décembre 1999 au renversement d’Henri Konan Bédié par des soldats mécontents. Ceux-ci placent à la tête de leur groupe, le général Robert Guéï devenu par ce fait, chef de l'État de Côte d'Ivoire. Bédié s'exile en France.

La lente sortie de crise

Le régime issu du putsch est marqué durant son éphémère pouvoir par des troubles militaires et civils. Il appelle les partis politiques et la société civile à la rédaction d'une nouvelle constitution et fait organiser en octobre 2000, les élections présidentielles. Le général Robert Guéï qui se proclame vainqueur du scrutin est chassé par des manifestations de rue. De violents affrontements opposent également durant quelques jours des militants du FPI à ceux du RDR. La Cour suprême proclame les résultats et déclare vainqueur, Laurent Gbagbo. Celui-ci initie un forum de réconciliation nationale puis nomme un gouvernement d’union nationale. Mais le 19 septembre 2002, un nouveau coup d'État se déclenche puis se transforme en rébellion armée. Les pourparlers entamés à Lomé (Togo) permettent d'obtenir le 17 octobre 2003, un accord de cessez-le-feu qui ouvre la voie à des négociations sur un accord politique entre le Gouvernement et le MPCI sous l'égide du président du Togo, Eyadéma. Ces négociations échouent cependant sur les mesures politiques à prendre en dépit de réunions entre les dirigeants de la CEDEAO à Kara (Togo), puis à Abidjan et à Dakar. 10 000 casques bleus de l'ONUCI dont 4 600 soldats français de Licorne sont placés entre les belligérants.

Dans une nouvelle initiative, la France abrite à Linas-Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003, sous la présidence Pierre Mazeaud, Président du Conseil Constitutionnel Français, secondé par le juge sénégalais Keba Mbaye, une table ronde de forces politiques ivoiriennes et obtient la signature de l'accord de Linas-Marcoussis. Un comité de suivi de l'application de l'Accord, présidé par l'ONU, est institué. Cet accord est suivi par plusieurs autres, conclus en Afrique et mis en oeuvre par les gouvernements successifs de Seydou Diarra, Charles Konan Banny et Guillaume Soro nommé 1er ministre à l'issue de la signature de l'accord politique de Ouagadougou conclu entre Laurent Gbagbo et Soro Guillaume, sous l'égide de Blaise Compaoré, facilitateur.

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